HISTOIRE  MARTINIQUE MEMOIRE - ACTUALITE

SONJÉ... PA OBLIÉ

Sé listaw Matinik

"Chaque fois que nous entrons à Fort-de-France par Sainte Thérèse et que nous passons devant l'ancien parc Desclieux, est-ce que nous nous rappelons qu'au fond du petit chemin entre l'Office de l'Agriculture et la maison des syndicats sur le terrain militaire, des hommes, des martiniquais furent fusillés là parce qu'ils réclamaient plus de dignité, la même justice pour tous, et la terre pour travailler!!!

FUSILLES le 25 novembre 1871 pour avoir participé à l’insurrection du sud de la Martinique en septembre 1870 !!!

E. LACAILLE- F. CARBONNEL- L. GERTRUDE- C. NICAMORE-L. ISIDORE- L. YOUTTE- S. SALOMON- J. BRIANTO- G. FULGENCE.

"Un pays qui perd la mémoire, qui redoute la vérité est un pays perdu."

Publié le 20 septembre 2020, le 24 septembre2021.

C'est l'Histoire de la Martinique

Vous avez dit CAPITALE !!!

Je lis, j'entends des adultes mais surtout des enfants parler de la capitale de la Martinique.

Comment faire comprendre que Fort de France n'est pas une capitale mais un chef-lieu ? Une capitale est la ville de décision d'un Etat souverain, si nous voulons une capitale nous savons ce qu'il nous reste à faire !! L'expression "ville capitale" est un slogan politique pris par un conseil municipal et popularisé par un journaliste sportif. Plusieurs autres villes ont des sloggans similaires. Lamentin: ville fertile. Ste Marie, ville fleurie. St Joseph ville sportive. Trinité, ville propre. Etc... Designe-t-on ces villes par ces sloggans ? Ces slogans incarnent-ils totalement ces villes ? Je ne crois pas, il faut redonner une juste place aux entités et expressions. Une capitale, dans un avenir proche ou lontain, pourquoi pas ?! Mais nous devrons décider quelle ville le sera ?!

Publié le 13 octobre 2020.

C'est aussi l'histoire de la Martinique

Les éditions du détroit by Rolande BOSPHORE

22 Mé 1848 – 22 Mai 1848

Révolte anti-esclavagiste – Abolition de l’esclavage - Émancipation – Liberté.

Oui le 22 Mé est une date hautement symbolique mais il ne faut pas isoler ce 22 Mé de toutes les rébellions, des diverses révoltes précédentes qui ont permis d’aboutir à cette abolition. Refus de travailler dans les ateliers de Saint Pierre, révoltes sur les habitations du Prêcheur, de Trinité, de Ducos, de Petit Bourg, marches de la colère contre les injustices et les mauvais traitements…

Mais ce grand moment a-t-il tenu toutes ses promesses ?

Nos ancêtres, ces africains déportés pour être réduits en esclavage, n’ont pas obtenu le statut de victimes à ce moment déterminant. Ils ont été seulement reconnus comme citoyens français, point et des patronymes français leur ont été imposés. Ce sont les maîtres, les colons qui ont été reconnus comme victimes car leur cheptel d’enfants, de femmes et d’hommes leur échappait et pour cela ils ont été indemnisés, aidés, soutenus par les autorités françaises. Il a fallu attendre 153 ans et la loi Taubira du 21 mai 2001 pour que la traite et l'esclavage soient reconnus crimes contre l'humanité, mais pas une ligne pour les déportés devenus esclaves et leur descendance.

Mais la recherche d’une véritable liberté, d’une humanité reconnue et la volonté de faire peuple nous ont toujours animés. Cette prospection se manifeste sous des formes diverses, luttes sociales, politiques, depuis ce 22 Mé jusqu’à maintenant.

De la moitié du XIXe à la fin du XXe siècle ce fut toute une longue période de moments marquants, de grèves dures, de marches symboliques, de revendications pour l’égalité et la dignité. Au XXIe siècle la mobilisation ne s’est pas arrêtée, mais elle a pris d’autres formes.

Ces luttes n’ont pas ébranlé le système colonial de manière spectaculaire, mais petit à petit, n’en déplaise à certains, elles remettent en cause les fondements de cette société inégalitaire. De décennies en décennies, d’autres prennent la relève, ouvrent de nouvelles pages de luttes, plantent les graines de l’insoumission pour donner enfin tout son sens à cette date du 22 Mé.

Mési anpil, mési anchay…

Publié le 22 mai 2020. C'est toujours l'Histoire de la Martinique